C'est le réveillon de Noël. Vous êtes à tables avec votre vieille tante. Les autres sont partis chercher les cadeaux dans la grange. Elle vous écoute à peine parler de votre profonde anxiété concernant les partiels qui approchent. Elle se lève pour mettre un vieux vinyle de musique classique en fond sonore. 

Elle vous demande quel a été le dernier concert auquel vous êtes allé. Vous hésitez à lui dire que c'était un concert d'acid breakcore dans les sous-sols d'un ancien entrepôt parce qu'elle ne comprendrait certainement pas. Vous lui dites que vous n'êtes jamais allé à un concert de classique. C'est trop cher. Elle détourne le regard, gênée, et vous ressert un morceau de foie gras.

Les fêtes ont été rudes pour votre compte en banque, on peut très bien comprendre. En janvier, vous allez peut-être manger des pâtes tous les midi au restau U (et même peut-être prendre les restes dans un Tupperware pour votre dîner du soir), mais sachez que vous pouvez vous payer une petite place au chaud dans un des plus beaux lieux de la musique classique de la capitale pour le prix d'un menu big mac classique.

Pour la modique somme de cinq euros, le Théâtre des Champs-Elysées vous propose une des plus belles programmations de musique classique de la capitale. Par contre, on vous prévient, point de sièges rembourrés et fraîchement brossés du premier rang. Pour ce prix, vous n'aurez que l'assise plus ou moins confortable au dernier étage sans vue sur la scène, mais vous pourrez vous consoler en vous disant que vous avez une vue imprenable sur la très jolie fresque du plafond. Et peu importe, c'est la musique qui compte, n'est-ce pas? Comme ce n'est pas encore la Saint-Valentin, vous pouvez vous décider à inviter votre dulcinée sans avoir l'air trop proche de vos sous et puis si la salle n'est pas remplie, rien ne vous empêche de vous faufiler sur l'un des beaux sièges molletonnés du deuxième étage.

Alors un peu avant le début du concert, raclons les fonds de ppoche, et prenons une place pour écouter Julia Fisher et Igor Levit qui joueront l'intégral des sonates pour violon et piano de Beethoven (le 16 janvier), la philharmonie de Bremme (le 17 janvier) ou encore Daniil Trifonov qui interprétra Bach, Brahms, Chopin et Rachmaninoff (le 7 février).

Vous êtes parés pour briller en famille Noël prochain.

 

Ana Koriagina, Gaëlle Vizy et Juliette Pacalet