Paul Jacoulet, français d’origine, a passé toute sa vie au Japon à s’initier à l’art de l’estampe et à le réinventer. C’est à Paris que naît l’artiste en 1896, très vite, ses parents l’emmènent vivre au Japon, pays qu'il ne quittera plus. Après une première exposition en 2011 à la BNF (Bibliothèque Nationale de France) et puis en 2013 au musée du Quai Branly, c'est au tour de la Maison de la Culture du Japon d’offrir une rétrospective sur Paul Jacoulet. L’exposition propose une centaine de gravures de l’artiste qu’il réalisa entre 1934 et 1960.
C’est à l’âge de trois ans que l’artiste quitte Paris pour le Japon avec ses parents. Il est l’un des premiers français à être scolarisé au côté de jeunes Japonais, il est très rapidement initié à la peinture traditionnelle japonaise et à la calligraphie. De cet apprentissage naîtra sa passion pour les gravures sur bois appelées au Japon "ukiyo-e".
Avec ses collaborateurs il va produire, en un peu moins de trente ans, environ 160 estampes en Chine, en Corée, au Japon et dans les îles du Pacifique.
Pour Paul Jacoulet, le dessinateur, le graveur et l’imprimeur font partie intégrante de la création artistique d'une œuvre. Cela se rapproche de l’harmonie qui peut être ressentie lors de la création musicale : chaque musicien est indispensable à un autre afin de créer l’union parfaite d’un morceau de musique.
 
 
 
 
A 25 ans Paul Jacoulet est le plus grand collectionneur d'estampes de Tokyo. Il délaisse ses aquarelles pour l'art de l'estampe.
Il utilise la technique japonaise traditionnelle de la gravure sur bois en apportant sa touche personnelle. La technique des "ukiyo-e" (gravures sur bois de cerisier) est la suivante : le graveur réalise une première matrice où se trouve les dessins de Paul Jacoulet et laisse alors apparaitre les contours. Il donne ensuite des emplacements précis au graveur pour les couleurs. En fonction du nombre de couleurs cette étape est à renouveler ; les matrices varient entre 15 et 30. Il est enfin possible d’ajouter des fils d’or ou d’argent ou un gaufrage. Dernière étape : l’impression qui se fait par passages successifs de la feuille dans chacune des matrices réalisées au préalable.
Les sujets présentés sont souvent issus de milieus sociaux tout à fait différents, ce tracé sociologique vous transportera dans l’Asie du XXème siècle entre les différents milieux sociaux de l’époque et des scènes de vie plus ou moins banales. La vivacité des couleurs et le détail de chaque œuvre rend compte du travail minutieux réalisé par Paul Jacoulet.
 
Une exposition à découvrir jusqu'au 15 octobre 2016.
 
 
Laury Djaber