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Because everyone is looking for [an] Eric...

sarah.rashidian - Posted on 21 mai 2009

« Looking for Eric » de Ken Loach

Comment retrouver l'espoir quand tout s’effondre autour de nous? Certains se tournent vers la religion, d’autres vers la philosophie et d’autres vers Eric Cantona…

Eric Bishop (Steve Evets) n’a pas une vie très joyeuse. Il vit avec ses deux beaux-fils, qui filent un mauvais coton. Après deux mariages, il est aujourd’hui seul avec un travail à la poste qui ne le l’enchante pas et une fille qui lui reproche de ne pas être assez présent pour elle et sa fille. Ses collègues et amis postiers sont là pour lui et le soutiennent corps et âme, mais celui qui va vraiment faire la différence, c’est son idole, Eric Cantona. Il fait des apparitions dans sa vie et l’aide à la reprendre sa vie en main.

[flash http://www.allocine.fr/blogvision/18886107]

L’avant-première du film « Looking for Eric » était réservée aux filles. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. Au départ, j’ai imaginé qu'Eric Cantona serait là et que c’était un caprice de star de réclamer qu’il n’y ait que des filles dans la salle, puis cette idée m'a semblé légèrement déjantée et, au finale Eric n’était pas là. En tout cas, c’était une initiative traumatisante pour tous et surtout pour mes amis de la gente masculine, très mécontents, qui, pour la plupart, m’ont même proposé de venir travestis. Pourquoi tant d’engouement à l’idée de voir « Looking for Eric » ? Pour qui ? Etait-ce pour Ken Loach, réalisateur talentueux et remarquable ? Eh bien non ! C’était pour Eric Cantona. Moi, je ne savais pas grand-chose de cet homme; je savais juste que c’était un footballeur, mais je le croyais « has been »,  démodé. Que nenni ! Il est une véritable légende en Angleterre. Alors pour tous ceux qui ne le connaissent pas et avant d’aller plus loin dans ma critique, Mathieu Hemono, qui alimente le blog sport, s’est fait un plaisir de vous le présenter :

King Eric :

A la nuit tombée dans les ruelles de Manchester, et dans celles de toute l’Angleterre, laissez-vous aller à une petite promenade. Vous ne pourrez manquer d’entendre, en passant près d’un pub, près d’un bar, une anecdote, un hymne, une ode à Eric Cantona. Ce joueur de foot né à Marseille s’est littéralement élevé au rang de légende en Angleterre, gravant à jamais son nom dans la fabuleuse histoire du football. Au-delà du footballeur exceptionnel qu’il était, c’est surtout l’homme qui à marqué les esprits, un homme au caractère bien trempé, un homme fier au torse toujours bombé. Il fit l’essentiel de sa carrière à Manchester United, club avec lequel il fut quatre fois champion d’Angleterre et où il passa du statut du « Frenchie » il passa à celui « d’Eric The King ». Son caractère hors du commun et ses réactions inattendues et disproportionnées contribuèrent  à forger sa légende. Comment oublier, en effet, le coup de pied retourné qu’il assénat le 25 janvier 1995  à un supporter qui l’avait insulté, et comment ne pas se souvenir de ce qu’il déclara en conférence de presse  suite à cette affaire: « Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer », avant de se lever et de quitter la salle, en laissant les journalistes un brin amusés et complètement décontenancés. Cantona est un fantastique joueur de foot, un homme au fort caractère et une légende en Angleterre. Son charisme lui permet aujourd’hui d’entamer une carrière cinématographique qui promet d’être belle car Cantona a toujours été très bon pour jouer, sur les terrains de foot comme en salle de presse!

La vie d’Eric Bishop n’est pas rose: il n’a pas de motivation, pas de réelles raisons d’être heureux et d’aller de l’avant.  Il est triste et seul; ses deux beaux-fils le respectent à peine et il est toujours amoureux de sa première femme, qu’il a quittée par panique et à cause d’un manque de maturité. Pleins de regrets, il est au bord du gouffre et c’est pour cela qu’il va se faire coacher par son homonyme, Eric Cantona. Les interventions de ce dernier sont quasiment toutes proverbiales: il est un dictionnaire de dictons qu’il dit en français avant de les traduire ensuite dans un anglais très amusant. Ces dictons trop métaphoriques et énigmatiques ne sont pas toujours les bienvenus. Sa philosophie fait un gros flop, maisau finale, il va être d’une grande aide et redonner un sens à la vie d'Eric Bishop sa vie en étant son coach, son meilleur ami, son guide, la réponse à tous ses malheurs.

Eric doit prendre des résolutions et changer de comportement avec son entourage. Il doit s’excuser auprès de sa première femme pour l’avoir quittée lâchement alors qu’elle était enceinte, simplement parce qu’il a eu le trac. Il doit être plus présent pour sa fille qui a besoin qu’il prenne soin de sa petite fille pendant qu’elle tente tant bien que mal de poursuivre ses études à l’université et d'obtenir un diplôme. Il doit s’investir davantage dans la vie de ses beaux-enfants, car ils sont influençables et fragiles et ils ont besoin d’un père, de quelqu’un pour les élever correctement et les empêcher de prendre un mauvais chemin. On voit donc le rapport d’Eric avec son entourage évoluer tout au long du film grâce au grand Cantona et à ses précieux conseils!

C’est un film très émouvant, drôle, simple. Comme dans « It’s a Free World » Ken Loach nous met face à un monde sans ornements, des gens qui tentent tant bien que mal de se forger une place dans la société et qui peinent à le faire. Ces personnages sont très attachants. Le groupe d'amis d'Eric est remarquable, ce sont des gens simples, fidèles,  et drôles, et même dans les moments difficiles Eric peut compter sur eux, sur leur soutien et leur bonne volonté. Ils sont tous liés par le football, cette passion commune qui les hante, qui leur donne espoir et joie de vivre; il se sentent appartenir à une communauté en étant supporters de la même équipe, et forment une famille réunie autour d’un sport qui en devient presque une philosophie et un mode de vie. Une phrase du film résume d’ailleurs très bien leur intérêt pour le football : «You can change your wife, change your politics, change your religion but never can you change your favourite football team ». C’est un film qui fait rire, qui fait réfléchir et qui émeut: c’est une grande réussite !

Sarah Rashidian (L2 Humanités)

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