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Esquisse de Souvenirs Intemporels sticky icon

Ty.Anaïs@u-pari... - Posted on 03 janvier 2012

 

 

   Alliez le drame, la romance et la science fiction, cela vous donne 2046, 2046 qui pourrait être le prolongement de In the Mood for Love...

Réalisé en 2004, 2046 nous plonge une fois de plus dans son univers très personnel qui s’inscrit dans un temps et un espace infini. Tout n'est que battements de cœur vibrants dans ses films, retranscrivant une musicalité en suivant le rythme de mélodies qui s'enchaînent dans ses longs-métrages. Le film relate la vie d'un homme, M. Chow, alias Tony Leung, qui revit ses histoires sentimentales à travers ses romans érotiques. Il cherche désespérément la femme aimée, mais il en fait toujours la rencontre soit trop tôt, soit... trop tard. Wong kar Wai va au delà du souvenir mêlé à de la fiction, exprimé par le personnage principal. Le réalisateur nous dévoile et nous ancre dès le début dans le roman de M. Chow. On sait qu'il va s'agir d'une ou plusieurs histoires d'amour inassouvies.

 

   L'amour véritable, quête ultime du film, repose entièrement sur des rencontres manquées, sur des histoires d'amour qui ne sont que le commencement de la fin. Un amour pur et sincère, qui se cherche mais ne se trouve pas. L’obsession du souvenir et du temps de ses protagonistes et en particulier de M. Chow, est omniprésent dans 2046, qui est construit autour de présences spectrales. Tout le film s'articule entre le rêve et/ou le souvenir et la réalité, la fiction et l'aspect fantomatique ou encore la chimère. Wong Kar Wai déroute le spectateur par les illusions, les fantasmes des personnages et par l'impossibilité de tout autre issue. Ainsi, Bai Ling, alias Zhang Ziyi, se retrouve piégée dans son jeu de femme à la fois séduisante, superficielle et inaccessible, indifférente ; ou encore Wang Jing-wen, alias Faye Wong, qui ne peut s'enfuir avec son amour japonais, inhibé par un père chinois autoritaire, en raison des conflits et des guerres antérieures entre les pays d'Asie. Ce qui souligne la solitude des personnages. Tel est le voyage infini vers 2046, dont on ne revient jamais.

 

   Que dire de 2046 si ce n'est qu'il nous laisse perplexes du début jusqu'à la fin ? Un scénario bien ficelé ! Nous plongeons directement au cœur de l'histoire, par le récit d'un mythe, conté par le personnage de M. Chow. Wong Kar Wai nous annonce déjà le thème principal de son chef-d’œuvre, à savoir des liaisons intimes entre une femme et un homme. Le réalisateur aurait pu tomber dans des histoires d'amour clichés, mais non. Il sait déjouer l'attente presque prévisible du spectateur.

 

   D'autre part, il faut l'avouer, les plans sont beaux esthétiquement parlant. Ils sont semblables à des tableaux, comparables à ceux de son précédent film, In the Mood for Love. Comme toujours, le réalisateur sait allier les éléments du décor, plus précisément par les costumes raffinés et par ce jeu de vitres et de reflets, de couleurs aussi intenses que saturées, avec ses protagonistes. Ces plans serrés nous révèlent souvent la profondeur psychologique du ou des personnages. Sans oublier la bande-son, si poétique, qui y contribue. Et c'est presque essentiellement tout l'enjeu de ce film : ces plans et ces musiques soigneusement travaillés qui campent cette atmosphère si particulière et originale...

 

   Un film à voir et à découvrir dans toute sa splendeur ! Laissez-vous porter dans cet univers mélancolique et futuriste. Mais ne vous méprenez pas. Une fois entrés, vous ne pourrez plus vous échappez de 2046...


2046, Wong Kar Wai, réalisé en 2004.


Anaïs Ty, L1 Humanités.

 

 

 

 

 

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