"Gabrielle Chanel. Manifeste de mode" au Palais Galliera

Après deux années de travaux, le Palais Galliera ou Musée de la mode de la ville de Paris a réouvert ses portes le 10 octobre 2020. Pour l’occasion, le Palais accueille l’exposition « Gabrielle Chanel. Manifeste de mode. », la première retrospective consacrée à la créatrice, Coco Chanel. Cette exposition met en lumière la naissance et l’évolution de son style, les caractéristiques de son œuvre et retrace les différents portraits de la célèbre couturière dans un parcours chronologique ; 350 pièces iconiques à découvrir. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui est Gabrielle Chanel ? 

Gabrielle Chanel, aussi surnommée « Coco Chanel », est une grande couturière française née en 1883 à Saumur. À l’âge de 12 ans, elle se retrouve orpheline de mère et grandit au sein de l’orphelinat d’Aubazine avec ses sœurs, Julia et Antoinette. Ce sont ces années d’orpheline, cloîtrée dans ce bâtiment austère qui furent les plus inspirantes pour concevoir et développer son esthétique unique. À l’âge de 18 ans, elle apprend la couture auprès d’une de ses tantes. Et, en 1903, sa carrière débute au sein d’un atelier qui fabrique des layettes. Durant cette période, elle devient mondaine et chante « Qui qu’a vu coco sur le Trocadéro » dans les cafés de Vichy et devient « Coco Chanel ». C’est dans ce même café, en 1907, qu’elle rencontre Etienne Balsan, qui lui présente Arthur Capel, son grand amour jusqu'en 1919 lorsqu'il décède accidentellement. Ce dernier l’incite à ouvrir un salon de modiste et à se lancer dans la création de chapeaux. Il l’aide à ouvrir sa première boutique « Chanel Modes » au 31 rue Cambon. C’est dans cette boutique, que l’histoire de la maison de haute couture commence. Entre 1913 et 1915, d’autres boutiques voient le jour notamment à Deauville et Biarritz. Dans sa boutique de Biarritz, Coco Chanel dessine ses premières créations.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le titre choisi pour l'exposition, Manifeste de mode, renvoie à deux évènements importants de la carrière de Coco Chanel. Le premier, en 1910, lorsqu’elle propose une nouvelle interprétation de l’élégance féminine avec de nouveaux principes : légèreté, et confort favorisant le mouvement. Le second manifeste se produit en 1954 lorsqu’elle propose un tailleur unique et intemporel. 

Dans toute exposition, la première création que le visiteur rencontre est une oeuvre phare qui doit marquer les esprits. Dans ce manifeste de Gabrielle Chanel, notre visite commence avec une marinière et un chapeau. Provenant du musée des Arts Décoratifs, ce chapeau fait référence à la carrière de modiste de Gabrielle et à ses premières années en tant que créatrice consacrée aux chapeaux. Durant la première guerre mondiale, la pénurie de tissus donne l’occasion à Coco Chanel de se distinguer en réalisant des pièces en jersey de soie, matière réservée aux sous-vêtements. Datant de 1916, la marinière est un témoin de cette période et représente la nouvelle élégance défendue par Coco Chanel tout au long de sa carrière. Il s’agit d’une pièce forte, loin de l’imaginaire collectif puisqu’il s’agit d’une blouse sans rayure à col marin.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marinière, Chanel, 1916.

 

« Éclairer une robe, c’est comme éclairer un tableau, il faut révêler la matière. » – Sandra Courtine, scénographe de l’exposition « Gabrielle Chanel. Manifeste de mode ».

Les scénographes se sont inspirés des photographies de Gabrielle Chanel afin de retranscrire les mises en scène d’antan dans un écrin noir : miroirs, paravents, mannequins en mouvement. La scénographie de l’exposition devient un manifeste de l’univers Chanel. Liberté et mouvement sont deux mots qui résument le style unique que développe Gabrielle Chanel tout au long de sa carrière. Elle travaillait avec tous les tissus qui pouvaient incarner la légèreté et développer l’idée du mouvement : le jersey, le tweed, le shantung etc. 

 

 

  

 

 

 

Dans l’esthétique Chanel, l’élégance est dans le détail. Dès 1915, elle intègre des poches à ses créations. À cette époque, ce concept est une révolution. Les poches incarnent la désinvolture et le confort que les femmes vont s’approprier. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1918, lorsque la guerre se termine, la maison de haute couture Chanel emploie environ 300 ouvrières. Et en 1921, Coco Chanel acquiert deux nouveaux immeubles rue Cambon, à côté du siège de la maison et sort la même année Chanel n° 5 le premier parfum d’une longue série de parfums Chanel. Au sein de l’exposition, une pièce est réservée à l’histoire de ce parfum. Quand elle le crée en 1921, l’univers de la parfumerie est marqué par ce parfum qui s’inscrit dans le prolongement de son esthétique avec un flacon géométrique, une étiquette décentrée et un graphisme avant-gardiste pour l’époque. En 1952, lors d’une interview, Marylin Monroe va développer le prestige de ce parfum lorsqu’un journaliste lui demande ce qu’elle porte la nuit. Elle répond : « Quelques gouttes de chanel n°5. »

 

  

 

Dans l’exposition, nous découvrons l’emblématique petite robe noire signée Chanel. Avec cette création, Grabrielle Chanel évoque la simplicité et cherche à mettre en lumière la ligne et les proportions de la femme. Créée en 1926, la petite robe noire fait aussi référence au deuil de la Première Guerre mondiale, encore proche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présenté dans l’exposition, le tailleur Chanel, créé en 1956, représente une synthèse de tous les éléments qu’elle développe dans les premières années de sa carrière : les poches, le tissu permettant le mouvement, la légèreté, le confort. Ce tailleur est composé d’une veste, d’une jupe non rigidifiée en tweed, et d’une blouse en soie. Le tailleur Chanel devient le symbôle d’une autre féminité, représentant la femme active des années 1960. Gabrielle Chanel, couturière exigeante, refusait un quelconque défaut dans ses créations et déchirait les parties de ses créations qui n’atteignaient pas la perfection. 

 

 

 

 

 

 

Après deux années de travaux d’agrandissement, le Palais Galliera nous révèle la restauration et la mise en valeur des caves voûtées en briques rouges situées au sous-sol du musée. Une très belle architecture restaurée qui accueille des nouvelles galeries portant le nom de Gabrielle Chanel. 
Actuellement, ces galeries abritent une partie de l’exposition « Gabrielle Chanel. Manifeste de mode » : les bijoux et les robes réalisées par Coco Chanel pour le théâtre et le cinéma. 
Une partie de la galerie, prend la forme d’une courbe, qui fait référence à l’escalier de la rue Cambon, avec ses milles facettes. 

 

 

 

 

 

 

 

L’exposition rassemble 120 bijoux signés Gabrielle Chanel, crées entre 1925 et 1971. A travers cette collection de bijoux, nous replongeons aux sources de l’histoire avec des thèmes récurrents : la croix, les étoiles, le soleil, l’épi de blé. Mais Coco Chanel a continué à défendre son esthétique propre en désacralisant la joallerie. Elle va confronter le bijou précieux et le bijou fantaisie. 

Cette broche, ci-dessous, est à la fois composée de pierres précieuses, et de pierres de synthèses. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À travers cette exposition, nous découvrons ou redécouvrons Chanel, allant au-delà d’une connaissance superficielle de la créatrice et de ses modèles iconiques. Dès le début de sa carrière, dans les années 1900, et jusqu’à la fin de sa vie, Gabrielle Chanel s’élève contre la mode imposée, développe le pantalon pour les femmes, expérimente et incarne son style unique. 
Durant la seconde guerre mondiale, Coco Chanel collabore avec les Allemands. À la Libération, elle est interrogée par les Forces françaises de l'intérieur mais elle est relâchée deux heures après. Les preuves de sa collaboration n'arriveront que quelques années plus tard. Suite à cette période de guerre et de collaboration, la maison de haute couture s’éteind pendant 10 ans. Coco Chanel s'installe en Suisse. Mais en 1954, âgée de 71 ans, Coco Chanel réouvre sa maison de haute couture pour relancer la vente de ses parfums mais aussi sa mode. Mais durant ses dernières années, la créatrice devient très rude avec ses employés. Elle est catégorisée comme étant une  « femme de fer ». 
Après la mort de la célèbre créatrice en 1971, la maison Chanel connaît dix années compliquées. Mais, Karl Lagerfeld arrive en 1983. Le créateur impose son style tout en respectant scrupuleusement l’esprit de l’iconique Gabrielle Chanel.

A partir du 14 mars 2020, le Palais Galliera deviendra le premier musée permanent de la mode à Paris, dévoilant une exposition permanente de l’histoire de la mode du XVIIIe siècle à nos jours. Après la restrospective sur la couturière Gabrielle Chanel, le Palais Galliera accueillera une exposition temporaire qui célèbrera les 100 ans de Vogue Paris.

 

 

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