Compte rendus de films et de séries

Jack et la mécanique du coeur, 2014, par Mathias Malzieu et Stéphane Berla. 

 

 

Photo : Affiche du film, Amazon Studios / AlloCiné

Un projet qui s’inspire des temps qui courent

 

Lors du premier confinement, en mars 2020, au moment où personne encore ne prononçait ce mot comme s’il était une évidence, – confinement – certains ont été plus productifs que d’autres. Netflix, la plateforme numéro un de streaming vidéo, fait partie de ceux qui en ont tiré profit ; au sens économique aussi, mais ce n’est pas de cela dont je viens parler aujourd’hui. Pendant cette période difficile, la plateforme a souhaité témoigner de son soutien aux artistes et souligner son encouragement à la création, en prenant part à un projet sériel lancé et supervisé par le cinéaste chilien Pablo Larraín. En juin dernier est sortie sur Netflix une série composée de dix-sept court-métrages, Homemade – dont on espère néanmoins qu’elle ne sera pas renouvelée pour une deuxième saison – produits par des réalisateurs de renommée internationale se mettant en scène pendant le confinement, parfois avec leurs proches, depuis leur lieu de résidence.

 

Une des affiches de la série Homemade proposée par Netflix

     Le selfie, (à peu près) tout le monde connaît. Le documentaire aussi. Et même des films tournés avec un téléphone, on en a peut-être vu ou entendu parler. Mais Selfie, Avoir 16 ans à Naples, est le premier documentaire entièrement tourné en mode « selfie ». En confiant un téléphone aux protagonistes de son projet documentaire, Agostino Ferrente, le réalisateur italien, ne raconte pas d’histoire, mais laisse Alessandro et Pietro raconter la leur. Le temps d’un été, ces deux amis inséparables se racontent et filment leur vie à Traiano, un quartier napolitain connu pour sa mafia locale et ses trafics de drogue. 

 

Pablo Larraín n’a jamais cherché à ménager son spectateur. Avec Ema, plus que jamais, il sape nos rapports installés à la narration pour mieux interroger nos normes et nos convictions. Ema apparaît ainsi comme un véritable manifeste esthétique et éthique au sein de la filmographie du réalisateur chilien. Si au premier abord le film semble délaisser une veine historique pour une histoire plus intime, il fait malgré tout se croiser la question nationale chilienne de No (2012), le portrait de femme de Jackie (2017) et le questionnement sur la place de l’artiste de Neruda (2016).

L'histoire du roman Les quatres filles du docteur March est pour moi très particulière. Longtemps j'ai pris plaisir à regarder les différentes adaptations cinématographiques de ce livre au moment de noël lorsqu'elles étaient diffusées à la télévision. Pour mes deux grandes soeurs et moi, c'était devenu un rituel, car, d'une certaine façon, suivre les aventures de ces quatre soeurs nous permettait de nous projetter en elles, de nous reconnaitre individuellement dans chacun des personnages mais aussi dans ce lien unique qu'est la sororité. Plus tard, un peu par hasard, j'ai entrepris de lire le roman, que j'ai dévoré. C'est Simone de Beauvoir, une grande figure féministe que l'on ne peut qu'admirer qui, dans Ses mémoires d'une jeune fille bien rangée, revient sur sa lecture de l'oeuvre : elle affirme s'être retrouvée dans le personnage de Jo, l'intellectuelle mais aussi et surtout la "feministe" ou pour ne pas faire d'anachronisme le garçon manqué qui tente de s'émanciper par son art. Et c'est à travers ce prisme féministe que j'ai lu le roman pour la première fois. Tout ceci explique pourquoi j'étais très enthousiate en apprenant l'année dernière que ce classique allait être adapté à nouveau. Qui plus est par une femme. 

« J’ai choisi de quel amour je t’aimais »

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, réalisé par Emmanuel Mouret, un film français d’une extrême finesse sur le sujet de l’amour et la complexité des relations amoureuses.

 

Joker fait partit de ces films qui sont annoncés comme cultes avant leur sortie au cinéma. Un nombre incalculable de personnes du monde entier se sont rués dans les salles pour le voir. Nous avions hâte de voir ce que Todd Phillips, le réalisateur de la trilogie de Very Bas Trip allait faire du méchant mythique des Batman. Le personnage de Joker est une icône et c’est le premier film qui s’intéresse uniquement à ses origines. Le film retrace la genèse et la frénésie meurtrière de cet homme mystérieux et étrange qui prendra pour nom Joker à la fin.

J’étais à une soirée, entre filles comme on dit, lorsqu’un sujet récurent arrive sur la table : « Et toi, tu regardes quelle série en ce moment ? ». C’est là que j’ai entendu parler pour la première fois de « The Bold Type », en français « De Celles qui osent ». A cette instant, la discussion s’est enflammée et on m’a ABSOLUMENT conseillé de regarder cette série féministe, coole, drôle, décontractée, « qui donne le sourire » …en somme, qui fait du bien. Quelques jours plus tard, je propose à mon mari de commencer cette série avec moi : après tout, les séries « de filles » je n’y crois pas, comme je ne crois pas qu’il y ait des séries réservées qu’aux hommes. Sauf que voilà, nous regardons la bande-annonce : C’est l’histoire de trois meilleures amies, la vingtaine, qui travaillent pour le magazine défendant la liberté des femmes : Scarlet. Trois jeunes filles ordinaires qui veulent réussir, professionnellement et personnellement, dans une société où l’oppression masculine reste dominante.

Résultat : j’ai fini par regarder la série, seule, de mon côté, tandis que Monsieur regarda une série animée japonaise. Après avoir regardé plusieurs épisodes, j’ai eu envie de me renseigner sur cette série, ses objectifs, ses propos, son public pour mieux comprendre un phénomène que j’ai souvent rencontré : quand une série parle de femmes, on la classe souvent de « série de filles ». Et ça me dérange.