Compte rendus de films et de séries

Pablo Larraín n’a jamais cherché à ménager son spectateur. Avec Ema, plus que jamais, il sape nos rapports installés à la narration pour mieux interroger nos normes et nos convictions. Ema apparaît ainsi comme un véritable manifeste esthétique et éthique au sein de la filmographie du réalisateur chilien. Si au premier abord le film semble délaisser une veine historique pour une histoire plus intime, il fait malgré tout se croiser la question nationale chilienne de No (2012), le portrait de femme de Jackie (2017) et le questionnement sur la place de l’artiste de Neruda (2016).

L'histoire du roman Les quatres filles du docteur March est pour moi très particulière. Longtemps j'ai pris plaisir à regarder les différentes adaptations cinématographiques de ce livre au moment de noël lorsqu'elles étaient diffusées à la télévision. Pour mes deux grandes soeurs et moi, c'était devenu un rituel, car, d'une certaine façon, suivre les aventures de ces quatre soeurs nous permettait de nous projetter en elles, de nous reconnaitre individuellement dans chacun des personnages mais aussi dans ce lien unique qu'est la sororité. Plus tard, un peu par hasard, j'ai entrepris de lire le roman, que j'ai dévoré. C'est Simone de Beauvoir, une grande figure féministe que l'on ne peut qu'admirer qui, dans Ses mémoires d'une jeune fille bien rangée, revient sur sa lecture de l'oeuvre : elle affirme s'être retrouvée dans le personnage de Jo, l'intellectuelle mais aussi et surtout la "feministe" ou pour ne pas faire d'anachronisme le garçon manqué qui tente de s'émanciper par son art. Et c'est à travers ce prisme féministe que j'ai lu le roman pour la première fois. Tout ceci explique pourquoi j'étais très enthousiate en apprenant l'année dernière que ce classique allait être adapté à nouveau. Qui plus est par une femme. 

« J’ai choisi de quel amour je t’aimais »

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, réalisé par Emmanuel Mouret, un film français d’une extrême finesse sur le sujet de l’amour et la complexité des relations amoureuses.

 

Joker fait partit de ces films qui sont annoncés comme cultes avant leur sortie au cinéma. Un nombre incalculable de personnes du monde entier se sont rués dans les salles pour le voir. Nous avions hâte de voir ce que Todd Phillips, le réalisateur de la trilogie de Very Bas Trip allait faire du méchant mythique des Batman. Le personnage de Joker est une icône et c’est le premier film qui s’intéresse uniquement à ses origines. Le film retrace la genèse et la frénésie meurtrière de cet homme mystérieux et étrange qui prendra pour nom Joker à la fin.

J’étais à une soirée, entre filles comme on dit, lorsqu’un sujet récurent arrive sur la table : « Et toi, tu regardes quelle série en ce moment ? ». C’est là que j’ai entendu parler pour la première fois de « The Bold Type », en français « De Celles qui osent ». A cette instant, la discussion s’est enflammée et on m’a ABSOLUMENT conseillé de regarder cette série féministe, coole, drôle, décontractée, « qui donne le sourire » …en somme, qui fait du bien. Quelques jours plus tard, je propose à mon mari de commencer cette série avec moi : après tout, les séries « de filles » je n’y crois pas, comme je ne crois pas qu’il y ait des séries réservées qu’aux hommes. Sauf que voilà, nous regardons la bande-annonce : C’est l’histoire de trois meilleures amies, la vingtaine, qui travaillent pour le magazine défendant la liberté des femmes : Scarlet. Trois jeunes filles ordinaires qui veulent réussir, professionnellement et personnellement, dans une société où l’oppression masculine reste dominante.

Résultat : j’ai fini par regarder la série, seule, de mon côté, tandis que Monsieur regarda une série animée japonaise. Après avoir regardé plusieurs épisodes, j’ai eu envie de me renseigner sur cette série, ses objectifs, ses propos, son public pour mieux comprendre un phénomène que j’ai souvent rencontré : quand une série parle de femmes, on la classe souvent de « série de filles ». Et ça me dérange.

 

39 ans après le chef-d’œuvre cinématographique Shining de Stanley Kubrick, réalisé à partir du roman de Stephen King, Mike Flanagan ose à son tour une adaptation sur grand écran de ce second volet paru en 2013. Ce n’était pas une mince affaire : passer après le grand, l’immense Kubrick et son Shining qui marquera durablement l’histoire du cinéma, relevait presque de la folie. Alors forcément, cette suite n’a pas été épargnée par la critique, oscillant tantôt vers les éloges, tantôt vers le procès. C’est pourtant un pari audacieux qu’a voulu tenter Mike Flanagan, réalisateur du film d'épouvante Ouija  et  de la série horrifique The Haunting of Hill House sur Netflix, fervent adorateur de Kubrick et fan incontesté de King dont il avait déjà adapté le roman Jessie.

Ewan McGregor dans le rôle de Danny Torrance
Ewan McGregor dans le rôle de Danny Torran du film Doctor Sleep 

 

Ouvrir la Voix d’Amandine Gay nous invite à entendre les témoignages singuliers de vingt-quatre femmes noires pointant non seulement les expériences marquantes de leur vie liées à leur couleur de peau, mais aussi leurs réflexions autour du combat pour l’égalité. 

 

 

 

 Une comédie sociale noire et ambitieuse ainsi qu'un thriller à rebondissements 

 

Parasite réalisé par Boon Joon-ho obtient la Palme d’Or au Festival de Cannes cette année avec l’unanimité du jury. C’est le tout premier film coréen à remporter ce prix.

Céline Sciamma revient avec son quatrième long métrage, pour notre plus grand bonheur ! Prix du scénario au festival de Cannes, Portrait de la jeune fille en feu est sans conteste mon coup de coeur de la rentrée du cinéma ! Retour sur une oeuvre épatante, portée par Adèle Haenel, Noémie Merlant et Luàna Bajrami.