Comptes rendus de lecture

« On peut faire des angles que le cinéma ne pourrait pas réaliser, on peut traverser un mur si besoin » proclame Zanzim dans une interview au sujet de sa bande dessinée Peau d’homme. Effectivement, ce sont de nombreux murs qu’il fracasse avec son acolyte Hubert, scénariste décédé quelques mois avant la parution de l’album. Parue le 3 juin 2020 chez Glénat, cette histoire folle, fantastique mais tellement actuelle donne envie et plaît dès la première de couverture, façade d’enluminure pour un conte rocambolesque, drôle et pertinent sur l’amour et la transgression du genre.

 

Ci-dessus : Première de couverture de Peau d’homme

 

Pénélope Bagieu se définit comme une lectrice et autrice de romans graphiques, mais déclare qu’elle ne serait pas surprise si on lui disait: “Tu fais des BD". Pour elle c’est quand même un art populaire, la bande dessinée, qui est fait pour tout le monde. C'est la façon la plus simple de raconter une histoire. Son travail consiste aussi à discuter de la place faite aux femmes dans la bande dessinée : celles qui dessinent, celles qui sont dessinées. Pénélope Bagieu défend la nécessité de personnages féminins riches et complexes. Elle va au-delà des stéréotypes de femme-objet, de faire-valoir, de princesse qui attend d’être sauvée, et affirme la nécessité de “donner naissance à de nouveaux modèles”. Lorsqu’on l’interroge sur l’aspect très féministe et engagé de son oeuvre, elle parle de "sacerdoce". Dans ses Culottées, Pénélope Bagieu dresse notamment le portrait de Leymah Gbowee, la militante libérienne pour la paix et prix Nobel de la paix en 2011, dont elle partage la philosophie: “il est temps que les femmes arrêtent d'être poliment fâchées”. Pour Pénélope Bagieu, le militantisme passe avant tout par la création, même si elle rend aussi hommage aux activistes. Elle a déclaré à France culture en septembre 2019 que “le combat des Culottées n’est absolument pas terminé".
 

 

 

Les Carnets de Cerise, Une BD pas comme les autres

 

Une découverte fortuite

 

          Le mois dernier j’ai découvert une pépite. Depuis, j’ai une passion pour les bandes dessinées jeunesses.

M’occupant des enfants des autres à droite à gauche, comme à mon habitude ; je suis tombée sur la bande dessinée de la petite fille dont j’avais la garde. Prise dans ma lecture, je me suis trouvée déçue de l’arrivée de la maman, signal de fin de ma lecture fascinante. La bande dessinée en question : Les Carnets de Cerise, tome 1, « Le zoo pétrifié », par Joris Chamblain et Aurélie Neyret, paru en 2012.

Couverture du premier tome des Carnets de Cerise

 

Chicago, 1960. Les jours s’écoulent et se ressemblent au sein du quartier d’Uptown, où vivent la jeune Karen Reyes, sa mère et son frère Diego, dit « Deeze ». La petite fille, grande amatrice de monstres et dessinatrice invétérée, déroule dans ses carnets à dessins le récit de son quotidien, la maladie de sa mère et les moments passés avec son frère, caïd du quartier à la sensibilité artistique. Mais tout bascule le jour où Anka, sa voisine, est retrouvée morte… Alors que l’enquête conclut au suicide, Karen va se lancer sur les traces du mystérieux passé d’Anka. Et si tous les personnages de son entourage étaient liés ?