Droits internationaux

Résumé :

Le traité pour une coopération bilatérale renforcée conclu en 2021 entre la France et l’Italie institue à l’article 3, de manière similaire à l’article 2 du Traité sur la coopération et l’intégration franco-allemandes de 2019, une politique d’entente entre les pays membres en matière d’affaires européennes. Le premier traité établit différentes modalités et des domaines spécifiques de collaboration, le deuxième montre une tendance plus généraliste. Les deux collaborations se concrétisent par des consultations très similaires. De plus, leur contenu et leur portée semblent respecter le droit de l’Union qui règle le rapport entre États membres.

Résumé : Le beau-parent peut se voir attribuer dans certains systèmes juridiques une autorité parentale limitée, et c’est le cas en Allemagne et en France. La situation se complique lorsque la famille recomposée comporte un élément d’extranéité. En effet, les différents textes internationaux concernant l’autorité parentale ne s’appliquent pas forcément à ces formes réduites d’autorité parentale. Le statut du beau-parent est-il mis en danger dès lors que la famille comporte un élément d’extranéité ? 

 

La Cour européenne des droits de l’Homme par un arrêt du 5 mai 2020, M. N. et autres contre Belgique, a refusé d’étendre l’application extraterritoriale de la CEDH à une situation où des requérants avaient introduit une demande de visa dans un consulat belge situé au Liban, écartant ne se prononçant donc ainsi pas sur une éventuelle une obligation de délivrance d’un visa « humanitaire ». Dans la même lignée la CJUE avait, dans une décision de 2017, refusé de trancher la question de l’obligation de délivrance des visas d’asile en se limitant à constater son incompétence au motif que les demandeurs auraient dû demander un visa long séjour relevant du droit interne des Etats membres et non du droit de l’Union européenne. Ces deux jurisprudences illustrent la dimension profondément politique que revêt la question du visa « humanitaire » et le manque de recours légaux ouverts aux demandeurs d’asile, en matière de visa « humanitaire », en droit européen des droits de l’Homme.

Résumé : En pleine crise sanitaire, les milieux d’affaires européens tendent à renforcer leurs relations commerciales avec les pays tiers, prouvant la nécessité d’un cadre législatif européen contraignant sur le devoir de vigilance. Par une étude comparative tripartite, l’article exposera les apports des textes nationaux français et allemand à la résolution européenne, et vice versa.

Les exceptions aux immunités des représentants de l’État sont au cœur des débats de la Commission du droit international et divisent la doctrine. Alors que les États peinent à reconnaître l’existence d’une coutume qui permettrait d’exclure l’application de l’immunité fonctionnelle dans les cas où des crimes internationaux seraient commis par des représentants de l’État, la cour fédérale allemande a pris le parti de rejoindre l’Italie en en admettant l’existence. Si les conclusions rendues par les juges de Karlsruhe ne couvrent pas tous les représentants, elles marquent toutefois un premier pas dans cette direction.

Résumé : Le Bundestag a voté une loi le 25 mars 2021 interdisant les opérations de réassignation sexuée sur les nouveau-nés et enfants intersexués. L’objet de cette étude est de comparer les droits français et allemands sur le statut de ces opérations et leurs implications afin d’assurer une protection optimale des enfants intersexués. Peut-on qualifier ces interventions de violation du droit international, notamment de l’article 3 de la CEDH ? Ou convient-il d’envisager la qualification de mutilations génitales culturelles ? Il incomberait donc à la France et l’Allemagne de tout mettre en œuvre pour interdire et prévenir de façon effective ces opérations.

 

Résumé : La pratique des refoulements « à chaud » par les autorités espagnoles, à Ceuta et Melilla, n’est autre que l’illustration de l’échec de la gestion commune des flux migratoires aux frontières extérieures de l’UE.

Résumé : Dans un arrêt rendu le 23 janvier 2018, la Cour de justice de l’Union européenne s’est prononcée pour la première fois sur la question de l’interprétation du motif de non-exécution d’un mandat d’arrêt européen lorsque l’individu poursuivi est considéré comme pénalement irresponsable. Elle a de ce fait permis d’encadrer l’application de l’article 3.3 de la décision-cadre du 13 juin 2002, dont l’objectif est régulièrement contourné par les Etats membres. Nous verrons dans cette étude comment les législations françaises et italiennes utilisent différemment la notion d’irresponsabilité pénale du mineur, ce qui étend le champ d’application de l’article au niveau national et le détourne de ses objectifs européens.

 

Le 29 avril 2021, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe rendait un jugement novateur selon lequel certaines dispositions de la loi fédérale sur la protection du climat de 2019 sont anticonstitutionnelles. Les volumes d’émissions prévus à l’horizon 2030 réduiraient considérablement la possibilité d’émettre des gaz à effet de serre après 2030, menaçant ainsi pratiquement toute liberté des générations futures garantie par les droits fondamentaux. C’est la première fois que l’exigence en termes climatiques est justifiée de cette manière, de quoi potentiellement inspirer des projets et propositions de loi plus largement, notamment en France.

Les Etats membres avaient l’obligation de transposer la nouvelle directive de 2018 sur le travail détaché avant le 30 Juillet 2020. L’objet de cette étude est de comparer les transpositions des trois grands Etats d’accueil de travailleurs détachés (France, Belgique et Allemagne). Les divergences observées remettent en cause l’efficacité des avancées de la directive, ne garantissant pas la même protection sur tout le territoire de l’Union Européenne.